Elle est pas belle la vie ?

samedi 28 juillet 2012

98 - K.I.S.S. N°1 !

1434_57147960055_5766_n

La réunion!

Ce petit ilot perdu au milieu de l’open space, ce petit chose permettant aux pulsions individuelles et collectives, aux caractères bien trempés de s’exprimer le temps d’une heure ou deux.

Comme pour tout principe de rassemblement de personnes, il faut des codes, des règles ou commandements, des bonnes pratiques et la réunion n’y échappe pas, bien au contraire.

Une bonne réunion, c’est comme un voyage, ça se prépare. Il faut un sujet à visiter ou découvrir,  une raison, un ou des partenaires, des bagages, une date de départ, de retour, des escales…

Une réunion donc, ça se justifie ; forcément puisque l’on demande à 5-10 personnes de s’extraire de leur fauteuil et de leur tâche du moment pour user la moquette jusqu’à la salle en question.

Une personne coute en moyenne 70€ de l’heure à une entreprise, donc 10 personnes dans une salle pendant une heure, ça fait cher la blinde si on n'a rien à montrer. 

L’invitation au voyage interne se doit ainsi de spécifier un sujet, une durée, un agenda et des documents à lire avant.

On n’aime généralement pas les gens qui viennent en réunion armés d'une touillette et qui à peine posés, se mettent à poser des questions du style "pourquoi ils sont là?" … les convenances exigent alors de la part de l'animateur une réaction stoïque, « pro » et une réponse polie mais ferme : « t’avais qu’à lire le doc avant de venir, ce n’est pas respectueux pour les 14 autres personnes présentes qui, elles, ont fait cet effort ». Il va sans dire que l’on aime encore moins s’entendre répondre : « si tu avais envoyé ta doc de 30 pages plus de 30min avant la réunion, oui, j’aurais pu la lire et te dire tout le bien que je pense de ce meeting planifié à 19h30 un vendredi»

Nooon, messieurs dames, noooon, visiblement vous n’avez jamais lu les tables de  la loi du « meeting » ! Grave erreur!

Elles sont pourtant claires, précises et essentielles !

Alors pour ceux qui n’ont pas l’intuition naturelle de la conduite d’une réunion :

La règle N°1 annonce la saveur : « pas d’agenda, pas d’chocolat », bref, vous êtes en droit de poliment mais fermement décliner toute réunion dont le contenu(but, décisions attendues) n’est pas un minimum détaillé !

Règle N°2 : une réunion ne doit pas impliquer plus de gens que nécessaire et les personnes présentes doivent pouvoir apporter des lumières, des décisions sur le thème abordé. Un bon animateur de réunion se reconnait donc déjà par la qualité des participants selectionnés.

Je sais bien que dans votre vie, on vous presse à chaque instant, vous n’avez jamais le luxe de vous relaxer aux toilettes avec un bon magazine car votre enfant vient vous en déloger au bout de 5min ; alors, là, vous avez 1h rien qu’à vous, vous voulez en profiter, rester dans votre bulle de 10m², faire durer le plaisir, prolonger ce petit moment intime avec vos confidents, vos amis, vos poteaux, vos roudoudous, vos collègues quoi … mais on ne le répètera jamais assez, vous êtes dans une Entreprise, le temps c’est de l’argent et si au bout de 22min vous avez fait le tour de votre sujet, eh bien retournez à votre poste bosser un peu!

… c'était la règle N°3!

Nous assistons depuis qqs années à une épidémie de myopie, et les fameux participants à fort pouvoir de décision ont souvent plus de 45 ans, donc messieurs dames, merci de chouchouter la règle N°4 en préparant des documents avec une grosse police d’écriture ! Un « Helvetica N°5 » est subtil mais sera très mal vu et donc lu, privilégiez le « Arial N°12 », beaucoup plus standard, certes, mais tellement plus confortable!

L’être humain est principalement conservateur. Le passé le rassure, le présent le conforte et le futur lui faire peur. L’anticipation, c’est de la science fiction, ça n’existe pas, c’est abstrait, c’est moche.

La règle N°5 vous le demande pourtant haut et fort : voyez loin ! voyez à demain ! Une réunion se planifie au moins 1 jour à l’avance !

La règle N°6 concerne la préparation. Vous n’aimez pas les surprises ? vous apprenez par cœur le guide du routard du lieu de votre prochaine destination ? Vous avez lu tous les avis de voyageurs, commentaires, récits, romans,  et vous ne vous déplacez finalement que pour constater brièvement et payer cash si la destination correspond bien à l’image que vous en aviez ? La réunion est faite pour vous ! vous lirez toute la doc consciencieusement en raclant le fond de la présentation powerpoint pour en déguster et digérer tous les tenants et aboutissants.

Et pour finir, une petite pensée émue pour nos collègues étrangers qui méritent d’avoir une règle bonus pour mesurer toute la bienveillance qu’on leur demande de nous porter: « On est en France, on parle Français ! » ... ou anglais à la rigueur mais c'est bien parce que c'est vous.

 

Elle est pacha la vie?

Merci à valinette pour sa participation :)

 

Posté par posoon à 19:52 - Commentaires [1] - Permalien [#]


samedi 9 janvier 2010

96 - Boum le chien !

autrain
Pouah, cela devient dur de creuser l'actualité pour y trouver quelques grammes d'humour pur,
Les nappes de rires frénétiques se tarissent pour faire éclater la noirceur de la réalité et du cynisme ambiant.
Les gens cherchent le bonheur, la joie, le rire, bref une petite étincelle de vie dans l'oeil du voisin, mais non ... le coeur n'y est pas...
Mais heureusement, il y a le terrorisme et son actualité primesautière!!
Quel délice de voir cette matière brute, ce terreau d'émotions primaires de part et d'autre de la barrière morale.
Quel régal psychologique d'assister à une telle confusion des genres, des pensées. Ce qui est appelé terrorisme pour l'un est considéré comme justice pour l'autre, et presque vice-versa.

Les réactions sont donc entières, passionnées, simplistes et quoi de mieux qu'un bon premier degré pour alimenter la sacoche à blagounettes des comiques troupiers, mmh?
Alors, pouf pouf, on pioche au hasard sur le net et on prend le premier article explosif: les scanners dans les aéroports!
Ah ben en voilà une idée qu'elle est bonne!
Afin de ne plus laisser passer des bonhommes qui se seraient scotché des sachets de liquides explosifs sur la jambe, le torse ou les fesses, les douanes vont maintenant pouvoir scanner les gens et voir ainsi tous les petits secrets qui se cachent sous les vêtements.
Alors, on passera sur les situations burlesques, genre piercings sexuels et autres bizarreries médicales, et on attendra la prochaine étape, le prochain palier dans l'intrusion identitaire.
Car lorsqu'on aura trouvé le moyen d'avaler une substance explosive qui se déclencherait au contact de ... allez, disons un verre d'eau payé 5€ dans l'avion, on nous sortira sûrement l'IRM obligatoire dans les aéroports!
Remarquez, vu que les frais médicaux sont de moins en moins remboursés, ça reviendra sûrement un jour moins cher de se faire diagnostiquer une tumeur en se payant un aller Paris-New York, que de passer en radiologie classique :-)

Elle est pas babel la vie?

Merci à Mag pour sa énième participation ;-)
(bon, je sais, c'est une photo de gare et pas d'aéroport, mais bon, faire un sitting devant une porte d'embarquement, c'est ptet risqué en ce moment ;))




Posté par posoon à 13:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 24 novembre 2009

Parenthèse!

Pour information, la prochaine distribution de billets se fera également sur le site MOUAIP, qui contient également des dessins et futures bizarreries.

Posté par posoon à 10:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 17 avril 2009

95 - Steppes bye Steppes !

Img_0220

Mongolie - Province du Kentii

Août s'achève. La violence de ses vents quitte doucement les steppes dont le verdoyant des trois derniers mois se mue désormais en un roux silencieux. La fin de l’été semble donner un peu de répit à cette nature qui reprend son souffle avant d'affronter les hordes de bourrasques hivernales.

L'apathie du soleil levant rendrait mélancolique plus d'un occidental sensible aux contemplations romantiques, mais pas Nandin. Elle est Mongole. La steppe ne lui apporte ni solitude ni rêverie désenchantée. Il lui suffit d'ouvrir les yeux pour embrasser et absorber pleinement l'espace qui s'offre à elle.

L'air matinal, chargé de brumes évanescentes et de parfums descendus de la taïga sibérienne, revigore son visage tanné, cuivré, figé par l'ivresse du soleil et l'altitude. Assise sur son cheval, jambes arquées, elle prend la pose tout en chauffant de sa main calleuse l'encolure sombre de Takh, son cheval Przewalski, l'un des derniers de son espèce.

Les pans de sa deel claquent sur ses jambes, comme l'annonce du départ, donnée par un vent permanent qui a toujours accompagné les nomades dans leurs errances.

Un mouvement de la hanche et Takh s'ébroue et s'ébranle.

Cela fait trois jours qu'elle a quitté son campement pour faire route vers le sud à la recherche de l'"Horizon Blanc", cette ligne de lumière éclatante, visible à cent kilomètres et symbole du renouveau de la Mongolie; ce pays, autrefois synonyme de force tranquille, isolé, hors du temps, était devenu en l'espace de quelques années une force active, une puissance énergétique d’une stature internationale, mais avec la triste perspective de perdre en retour une partie de son âme: la steppe.

Takh trotte tranquillement, avançant à son rythme, laissant à Nandin le plaisir de savourer les distances, au ralenti, d'apprécier sa véritable place au sein de cette nature. Les plaines Mongoles sont en réalité de vastes vallées herbeuses parsemées d'anonymes géants endormis qui n'affichent plus aucune velléité depuis bien longtemps. Les cavaliers ont l'habitude d'y circuler paisiblement, sans doute pour ne pas les réveiller.

Vers midi, sans aucune ombre salvatrice, la chaleur devient difficile à supporter et pousse la nomade à se poser. Elle balaie les poils en bataille de son cheval, qui s'arrête alors au milieu de nulle part. Nandin met le pied à terre, et tend une couverture entre la selle et le sol pour s'allonger un moment, à l'abri de son compagnon.

La tête sur le côté, détendue, elle contemple, entre quelques mèches noires de jais de sa chevelure, les derniers edelweiss de la saison, et se dit avant de somnoler qu'elle n'est pas prête à en brûler dans sa yourte ... pour le moment, elle aime cette vie sans attache, sans homme.
Repue de repos et rassasiée de buuz, ces raviolis de viande froide, elle rabat sa couverture sur la selle, et s'apprête à enfourcher Takh lorsqu'un objet passe en sifflant à moins de cinq centimètres de son nez! Elle suit dans un réflexe le sens de la trajectoire pour voir atterrir au sol un petit caillou blanc! Elle se retourne aussitôt, et voit un homme, à environ deux cent mètres, qui s'approche dans sa direction.

Elle ne bouge plus, ne le quitte pas des yeux. Elle n'est pas vraiment inquiète mais reste alerte. Elle remarque qu'il s'agit d'un étranger, d’allure élancée. Sa veste en toile claire et légère, et son écharpe en cachemire ne sont pas vraiment taillées pour la steppe, mais cela lui donne une certaine élégance, presque précieuse, sans être artificielle.

 

Il continue d’avancer et fait vibrer un "Sain baina uu" presque sans accent, accompagné d'un large sourire rassurant. C'est alors qu'elle remarque un détail curieux ... cet inconnu tient à la main un club de golf, faisant office de bâton de marche! Un déclic se fait dans sa tête ; elle fait le rapprochement avec ce "caillou" blanc qui vient de la frôler ... et sourit en retour.

- Je suis vraiment désolé ! Tout va bien ?  Je ne vous avais pas vue! Wilson ne vous a pas touché, j'espère?

- Ca va, dit Nandin en agrandissant encore son sourire. Elle n'était pas habituée à entendre des étrangers parler sa langue aussi parfaitement, encore moins à en voir jouer au golf en plein milieu du Kentii.

Vous cherchez un green ? ajouta-t-elle ironiquement.

Il la dévisagea un instant, les yeux pétillants:
- Un green ... pas exactement … regardez ces étendues d'herbe rase, dit-il en balayant théâtralement le paysage de la main, mon green, c’est le Kentii tout entier !

J’ai quitté Ulaangom il y a deux mois pour rejoindre Tschoibalsan d'ici trois semaines, avant le début de l'automne.
Mais excusez-moi, j'ai oublié de me présenter: Wilhelm. Je viens de France, ajouta-t-il.

- Je m'appelle Nandin, dit-elle en s'accoudant sur Takh. Sa réserve initiale s’estompait ; cet homme paraissait sympathique et suscitait en même temps la curiosité. Mais ... attendez, vous venez d'Ulaangom ... et vous tapez dans votre balle de golf ... depuis là-bas? Depuis deux mois?

- Tout à fait! Je visite la Mongolie depuis une dizaine d'années mais je rêvais de parcourir les steppes en prenant mon temps! répondit-il en passant sa main dans ses cheveux blonds et courts, desséchés par le vent.

 

- Bon, alors, où est donc tombé Wilson? demanda-t-il. Je dois me remettre en route, j'ai pris du retard en le cherchant deux heures ce matin dans un rough du diable.

- Vous avez donné un nom à votre balle de golf? Interrogea Nandin, très intriguée par cet étranger.

- Ah ... oui, c'est vrai qu'après deux mois, je ne fais plus attention ... c'est un clin d’œil à un film dans lequel un naufragé sur une île déserte parle à un ballon de marque Wilson pour ne pas sombrer dans la folie.

Et lorsqu’un jour, après l’avoir cherchée en la maudissant pendant des heures sous la pluie, j’ai remarqué la même inscription sur ma balle, j’ai trouvé le parallèle amusant, et je me suis mis à lui parler pour passer le temps.


Le sourire silencieux de Nandin trahissait son étonnement. Elle regardait Wilhelm farfouiller entre les edelweiss à la recherche de sa balle.


- Ah, le voilà, il a vraiment dû vous frôler, il était juste derrière votre cheval.

Eh bien ... en ce qui me concerne, je continue vers l'Est, vous allez dans quelle direction ?

Elle lui indiqua le Sud du menton.

Wilhelm tourna la tête vers le Sud et comprit aussitôt !

- Oh, vers les éoliennes ?

 

Le visage de Nandin s’était durci en une fraction de seconde.

 

 - Vous n’avez pas l’air d’apprécier leur progression dans la région, ajouta-t-il

- Cet horizon blanc n’est pas naturel, il ne doit pas venir ici, dit-elle sèchement.

- Je comprends… mais dans un sens, ces éoliennes fournissent une énergie propre à beaucoup de gens, elles ont une utilité.

- La plus grande partie de l’électricité fournie est exportée en Chine et en Russie. A part dans les grandes villes, les Mongols n’en bénéficient pas. Et puis, la Mongolie est un pays de nomades, nous n’avons pas besoin d’électricité dans les steppes. Les autres pays n’ont qu’à défigurer leur propre nature au lieu de détruire la nôtre pour leur propre confort.

 

Nandin venait de résumer tout le ressentiment de ce peuple fier, Wilhelm ne voyait pas quoi ajouter; il savait qu’aucun argument ne pourrait justifier le gâchis dans ces steppes aux yeux de cette Mongole.

 

- Je vais y aller, je veux essayer de lutter pour préserver ces plaines, continua-t-elle en fixant l’horizon.

- Hum ... vous savez que vous ne pourrez rien faire contre ces géants métalliques ... il y en a déjà plusieurs milliers, et la politique d’expansion est entamée. Et puis il parait qu'ils sont très bien surveillés ...

Mais Nandin n’écoutait apparemment plus, et restait figée face à ce semblant d’aube opaline, refusant de détourner les yeux la première.

Wilhelm resta indécis quelques minutes puis agrippa son mini-sac de golf.

-eh bien, écoutez, vous savez quoi? Je ne vous laisserai pas affronter ces éoliennes sans arme! Voyons voir ... ah, tenez ... un fer n°3 me parait approprié.

Ne comprenant pas vraiment le sens de ce cadeau, elle le déclina poliment mais sèchement.

- Tut tut tut (oui, il y a un équivalent à cette onomatopée en Mongol) J'y tiens absolument, considérez que cela rattrape ma maladresse de tout à l'heure lorsque j'ai failli vous assommer.
Et puis, mince, un fer n°3! C'est avec ce club que Jack Nicklaus a créé sa légende à l'Open Britannique, en 1978! Une arme redoutable, je vous assure! Sur votre cheval, ce fer à la main face aux éoliennes, vous allez faire un malheur !

Wilhelm affichait alors une telle assurance et une telle confiance que Nandin finit par accepter le présent et se retrouva avec cette canne entre les mains, arme symbolique offerte par un inconnu venu du bout du monde pour parler à ses balles de golf.

Elle accrocha le club sur le flanc de Takh.

-Ce fut une belle rencontre Nandin, j'espère que vous trouverez des réponses là-bas, dit-il en la scrutant.
-Je ne sais pas, répondit-elle, je verrai le moment venu ... merci pour votre canne.

A son tour, il sourit silencieusement quelques secondes, puis se mit en position pour driver à nouveau Wilson.
Maintenant qu'elle l'imaginait comme une personne vivante, Nandin eut un sursaut lorsque le bois le frappa.
Wilson transperça les airs et fila vers l'Est, vers cet horizon encore vierge.

Wilhelm fit un dernier signe de la main et s’en retourna rejoindre son compagnon.

Nandin resta là un moment, à côté de Takh, jusqu'à ce que l'étranger ne fût plus qu'un point au loin. Elle cherchait la signification d'une telle rencontre, ici et maintenant, lorsque les pans de sa deel se mirent à claquer sous le vent ... le signal du départ.


Elle est pas step la vie?

Merci à Nandin pour sa photo de pieds prise dans le bureau d'un ministère mongol ;-)

Posté par posoon à 00:14 - Commentaires [1] - Permalien [#]

mardi 3 mars 2009

94 - Le Parfum, histoire d'un narguilé !

n600354039_1352831_8376423

Allez, pour fêter les 20 ans des Guignols, un court hommage à la chaîne cryptée:

"Cinéééma, cinéééma ... cinémacinéma ... Chichaaaa"

désolé :)

merci à Farah pour sa première participation

Posté par posoon à 16:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]


lundi 19 janvier 2009

93 - Là-bas !

42_1836676242_17337252

L'année sympathique se profile, il est donc temps de faire une nouvelle oraison d'horizon:
J'irai voir là-bas si j'y suis, et si j'y suis j'y reste!

Cela dit, 2009 a été déclarée "Année de l'Astronomie" ... on sera donc prié de garder le nez en l'air, pour éviter de le mettre dans les affaires du monde qui s'offre à nous.
C'est ainsi d'ailleurs que l'on pourra voir un superbe doigt d'honneur céleste le 26 janvier lors d'une éclipse solaire annulaire. L'éclipse 'majeure' et totale viendra elle le 22 juillet.

Ce qui est sûr, c'est qu'elle ne sera pas celle de l'Astrologie. Si les deux dernières décennies politiques étaient largement menées par quelques gourous divinatoires, les guides spirituels n'ont plus trop la côte médiatique, ce qui nous aura évité fin 2008 les sempiternelles pitreries prévisionnistes.

Elle est Rael la vie?

origine des photos -> ici et

Posté par posoon à 16:49 - Commentaires [1] - Permalien [#]

vendredi 19 décembre 2008

92 - Little Boy !

yann_voyage

Sardonisme élevé au rang de la vertu,
Avalant la lie, en bon vorace, du calice,
Rutilant de stupre, surtendu dans son slip,
Kermit ou Speedy se prenant pour Midas,
Or la vitesse ne crée pour autant la valeur.
Zélé de télé, allumé de bonnes presses
Yogi refoulé, son aigreur est un leurre?

à suivre ... enfin, si c'est possible de le suivre ;-)

Posté par posoon à 17:33 - Commentaires [1] - Permalien [#]

mardi 9 décembre 2008

91 - L'ac tue ! (thx Mister Maëster!)

a

Avec ce Web 2.0 et sa capacité à personnaliser l'info en fonction de nos goûts, nous sommes abreuvé de News toutes plus pertinentes les unes que les autres, et il suffirait d'avoir le minimum syndical requis d'esprit d'opposition pour partir en croisade 10 fois par jour, car l'information ne se contente plus d'aller vite, elle part dans toutes les directions à la fois.

A tel point qu'un petit blog comme celui-ci ne peut exister sur la simple base d'analyses et de critiques de l'actualité; car à peine a-t-on délivré une belle satire sur la cocue des Caucus et sa campagne présidentielle pour succéder à son mari au bureau avale, qu'il faut déjà se précipiter en bon "muckracker" sur le scandale des émoluments des "monuments" historiques du Sénat, ou encore celui de Max Mosley, implorant à l'Aide, d'une voix nazillarde : "F1, F1 ..." lors de séances de pool positions. L'info est trop riche en évènements.

Il s'agit un peu du même syndrome qui vous titille lorsque vous vous rendez dans une big laillebreurie et vous retrouvez devant plus de livres que vous ne pourrez jamais en lire dans votre vie. On peut se laisser guider par les buzz du moment et piquer une tête dans les gondoles, mais le fait est que même Hugo Pratt n'a jamais lu "que" 20 000 livres en 60 ans, à raison d'un par jour.

La connaissance est accessible et insaisissable à la fois.

Alors voilà, plutôt que d'investiguer sur les véritables intérêts des chefs d'Etats, venus faire leur 'super'marché au dernier G20, plutôt que de brader une news croustillante sur Brad et Angelina, laissons-nous plutôt porter par une facilité narrative à la Pierre Dac, Les Nuls ou Les Robins des bois ...

- Et pendant ce temps là, à Bergen ... elle est pas belle la vie?

Posté par posoon à 12:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 15 novembre 2008

90 - Björk in Fjord !

P1010077

Pour une fois, on va laisser l'image parler ...

merci à Severine qui passe une année sabbatique apparemment bien sympathique ;-)

Posté par posoon à 15:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 11 novembre 2008

89 - Scissor Sisters !

P_dalo___Lyon

1er avril 1917, à Troyes: 6h15

L'allure dégingandée, Corentin Celton courait cahin-caha sous un crachin matinal, qui lui rappelait sa Bretagne natale. Le sport n'était pas son fort, et il s'ébrouait à trouver un improbable deuxième souffle, entre deux quintes de toux, sur la faible distance qui le séparait encore de l'entrepôt des postes de Bellegarde, en bout de gare.

Cette aube de printemps était comme hiver ... sombre et insolite ... c'était la guerre de 14-18 et les 16 automnes de Corentin auraient logiquement dû le projeter sur un front garni de soldats tout juste pubères. C'était sans compter cette toux qui le taraudait en continu depuis l'âge de 12 ans, suite à une déglutition ratée de la balle en argent de son grand-père Edern Celton, vestige de la la guerre franco-prussienne de 1871.

A l'origine de cette bille logée au milieu de ses poumons, provoquant une irritation et une toux permanentes, il y avait un pari puéril lancé à son frère cadet Yannek. Son esprit poétiquement mutin se voyait déjà couler un bronze en argent sur le zinc du bistrot familial à Trebeurden. Et voilà comment un détournement au niveau de la trachée, lui valu d'échapper aux caniveaux des tranchées, pour se retrouver au tri du service militaire des postes de Rhône-Alpes.

Une journée au contrôle postal démarrait toujours par le sifflement du train de 5h47, qui charriait sur un quai glacé quelques sacs de toile grossière, bourrés de paroles de poilus. L'officier Emile Jouffrin était de déchargement ce jour-là, et finissait d'éventrer les sacs postaux sur une planche posée au fond du bureau des postes, lorsque Corentin se glissa dans la pièce.

"En retard!" lui admonesta officiellement Emile, et sans attendre d'excuse, ajouta:"Prend le tisonnier et remue cette mauvaise tourbe, elle ne veut pas partir."
Penaud, Corentin s'approcha du poêle, sans broncher, et enfonça la pointe au cœur de la terre tout juste rougeaude, pour tenter de réchauffer l'atmosphère.

La centaine de soldats, caporaux, sous-officiers, adjudants, lieutenants et enfin capitaines embauchaient ensuite dans cet ordre, entre 6h30 et 7h, dans une solennité renforcée par des moustaches inamovibles. Ces recalés, planqués et blessés légers avaient tous conscience d'être privilégiés, et bataillaient ferme pour tenir leur position pour ces postes jalousés par des millions de soldats. L'ambiance n'était donc pas des plus jouasse, ce qui n'était pas vraiment du goût de Corentin. Depuis 5 mois, il triait inlassablement des monceaux de lettres pour les déposer par paquet de dix, au rythme de ses toussotements, devant des soldats chargés de lire quotidiennement, mal assis et sous une lumière pauvre, pas moins de 400 correspondances, tels des moines traquant minutieusement la moindre indiscrétion, dans un silence lugubre.

Une seule pause déjeuner d'une heure, de midi à 13h, pour bâfrer une gamelle de topinambours au jus de viande et boire un demi-litron de vinasse; et le travail reprenait pour ne s'interrompre qu'à 18h, le tout 6 jours sur 7. Les journées étaient donc mornes et répétitives ... jusqu'à ce jour de 1er avril.

Les facultés de lecture étant généralement altérées par la digestion, entre 14h et 15h, Corentin savait que s'il se dépêchait de distribuer ses piles de lettres, cela lui donnait quelques minutes de repos avant d'entamer la tournée suivante. Et c'est lors d'une de ces courtes pauses que son regard se posa par un grand hasard sur une lettre très particulière, trônant en haut de l'énorme tas, dont il ne faisait d'ordinaire pas grand cas.

Il s'agissait d'une enveloppe banale, sur laquelle l'expéditeur avait dessiné un visage souriant, clignant de l'oeil, à gauche d'un destinataire étonnant: "Aux lecteurs du service des postes de Bellegarde - 01200 BELLEGARDE"

Sa curiosité naturelle était comblée! Aucune autre singularité apparente. Seul ce visage bonhomme laissait penser qu'il ne s'agissait pas d'une simple missive adressée au service des postes! Il y avait plus! Et son instinct trublion vibrait de découvrir par lui-même ce qu'elle renfermait.

Il en était là de ses réflexions quand un rappel à l'ordre du capitaine le diligenta à glisser discrètement la lettre dans sa poche pour reprendre fissa ses tournées. Ce n'est qu'une heure plus tard qu'il eut à nouveau quelques minutes pour se mettre à l'écart et se décider à décacheter le courrier à l'abri des regards.

L'écriture était agréable et les premières lignes lui décochèrent un sourire malicieux qui ne tarda pas à se parsemer de rires, en anacrouses de sa symphonie pulmonaire.

"Chère Anastasie,
Tu dois te sentir bien seule dans tes retranchements, attaquée sur tous les fronts par des armées de défaitistes ou pacifistes, qui t'écrivent à tout va des phrases telles que: "Le censeur boit le sang des frères", "Est-ce que les troufions ont le feu à l'arrière?" ou encore "Vous ne risquez de crever que de petite mort".

Mais moi, je sais bien que tu ne censures pas de bon cœur, et que tes ciseaux ne sont pas envoyés au rémouleur par pur plaisir. Comme tout le monde, tu as envie d'être aimée, reconnue, et je suis sûr qu'il t'arrive de rire à gorge dévoyée à l'écoute d'une blague bien salace; me trompe-je?

Alors oui! Nous sommes embourbés dans les tranchées, crevant de faim sous le feu nourri de l'ennemi, rêvant d'oeufs bochés, nous demandant pourquoi les russes jouent les fauteurs de roubles en nous abandonnant à notre triste mort!

Alors oui! Les braves en bavent, et ils oublient trop vite les combattants de l'ombre qui ont renoncé au devant de la scène pour endosser un rôle ingrat, celui de l'immaculée conscription.

Tu auras très prochainement l'occasion de me lire à nouveau, et j'espère que j'arriverai à te tirer quelques larmes de joie.

Pour finir, j'aimerais signaler que l'été arrive et que la question de la coupe estivale va se poser! Alors, fraîche ou franche, si j'ai mon mot à dire, je l'aimerais légèrement dégagée sur les oreilles!

amicalement,

Le soldat méconnu

Pet Mortem: les coups et les douleurs ne se commandent pas, cependant je reste à votre sévice!

Corentin n'en revenait pas! Lors des veillées nocturne à la caserne, les soldats du CPM parlaient régulièrement de poilus qui prenaient les censeurs à partie dans leurs correspondances à leurs proches, mais il n'avait jamais eu vent de lettres directement adressées au contrôle postal, et encore moins pour tenter de le faire rire!

Encore émerveillé d'une telle audace d'écriture, pourtant passible de mort en cette année 1917, il reprit sa tournée, guilleret et soucieux. Il ne savait que faire de cette lettre ... fallait-il qu'il la signale au capitaine, avec le risque qu'on lui reproche de l'avoir ouverte? Ou se donnait-il le droit de la garder pour lui? La réponse lui vint le lendemain, claire et lumineuse, lorsqu'il découvrit au fil de la journée une cinquantaine de nouvelles lettres de ce drôle de correspondant, au milieu des sacs du jour, toutes affublées d'un visage souriant sur les enveloppes!

Il les mit de côté, une à une, attendant l'occasion propice pour agir, et lorsqu'il en eut assez, confectionna une série de piles de 10 lettres contenant toutes un témoignage de ce "soldat méconnu". Il regarda l'assemblée de mines austères, plongées 12 heures par jour dans l'intimité de leurs compatriotes, et se lança dans une tournée triomphale, provoquant quelques minutes plus tard l'effet escompté.

Des rires étouffés, éparpillés, puis de francs éclats de joie de vivre fusant de partout, incontrolés, spontanés. Le capitaine, qui lisait le Crapouillot sur sa chaise grinçante, soufflé par cette soudaine grosse poilade, resta coi sur sa chaise, avant de reprendre le contrôle du contrôle postal. Le bureau des postes reprit bientôt son état normal, répétitif et morne, mais l'espace d'un instant, Corentin avait réussi, avec l'aide d'un illustre inconnu, à créer une atmosphère de gaité partagée.


Merci à Théo pour sa première participation sur les eaux lyonnaises, avec ces 2 paires de ciseaux à bouts ronds et pointus ;-)


Posté par posoon à 22:16 - Commentaires [1] - Permalien [#]