Elle est pas belle la vie ?

des zinstantanés de zénitude ... (Vos photos sont les bienvenues ;-) )

lundi 20 octobre 2008

85 - Sainte Emmanuelle ...un coeur s'envole !

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Il y a des hommages chastes de mots ...

Une sainte a disparu, laissant les écrans orphelins d'un sourire malicieux qui ornait des rhétoriques épiques sur des plateaux subjugués par son aura, alliant le geste à la parole pour aller jusqu'au bout de ses convictions.

Certains diront qu'il s'agit simplement d'une petite mort précédant un grand sommeil, mais pour beaucoup d'autres, c'est une immortalité, le bouquet final d'une grande dame qui aura représenté une bénédiction, accomplissant des actions humanitaires, libérant des âmes, éclairant nos vies et nos jeunesses.

Son souvenir restera vivace dans nos esprits et nos coeurs!
Allez, un dernier hommage --> ici

Merci à Mag et Stephanie pour leur duo ;-)


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lundi 8 septembre 2008

(19)84 - La théorie du chaos !

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En politique, il n'y a pas 1984 façons d'imposer des lois, arrêtés ou décrets qui, selon toute vraisemblance, sentent le pâté dès leur conception.   

Déjà, il faut une bonne dose de culot, pas mal de bouteille dans la vie politique, et bien évidemment savoir profiter de l'apathie estivale générale pour essayer d'en passer le maximum avant les vacances parlementaires (plus de 150 articles/jour en juillet alors que l'on tourne autour des 70 en cette période de rentrée scolaire). Cela donne quelques semaines au gouvernement avant d'affronter une potentielle riposte de l'opposition ... bon, ok, le PS a plutôt d'autres chats à fouetter en ce moment, comme la succession de Hollande (au passage, le PS peut remercier Sarkozy d'avoir diminué les droits de succession, car il prendrait cher en ce moment ;-), alors Besancenot ayant oublié d'oblitérer la contre-attaque, pour cette fois, on se tourne vers Bayrou, fier d'avoir "tout lu et tout bronzé!".

Les raisons de la colère? Une brise gouvernementale prénommée 'Edvige' fin juin, et devenue fin août ouragan en arrivant sur nos côtes, qui ne se tordent plus trop de rire pour le coup! La comparaison climatique est peut-être limite, face aux centaines de morts haïtiens, mais sur le front des droits du citoyen, il faut pourtant parfois frapper les esprits pour souligner des dérives civiles telles que celle-ci.

Il suffira donc désormais d'avoir commis une infraction (quelconque? mince et "Les bonbecs fabuleux qu'on piquait chez l' marchand" alors?) à l'âge de 13 ans, d'être militant politique (on devrait donc y voir le patrimoine du fils Jean donc ;-)) ou syndicaliste pour être enregistré dans cette base policière, avec surtout un lot d'informations très détaillées vous concernant ( outre "l'aspect physique, " ou "informations fiscales et patrimoniale", on peut s'inquiéter également des "données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle")

Le risque à long terme est d'avoir un réseau de surveillance si dense et non maîtrisé (remarquez, on semble découvrir cette pratique, mais il y a actuellement 36 systèmes de fichage "sécuritaire" des français) que n'importe qui pourra se voir inquiété par des mesures judiciaires suite à des recoupements et conclusions hasardeux entre ces systèmes de fiches, lors d'affaires pénales.

Selon Alex Türk, "Cette accumulation de fichiers mène au phénomène de la « grenouille ébouillantée ». Jetez une grenouille dans de l’eau bouillante, elle s’échappera. En revanche, si la température monte peu à peu, l’amphibien ne s’aperçoit de rien et meurt! Pour le citoyen, c'est la même chose."

L'évolution d'une société passe donc soit par des avancées discrètes (bon, là, c'est raté pour Edvige), soit par des chocs violents.

Sur ce 2ème point, il est une théorie intéressante, proposée par Naomi Klein, dont le 1er livre "No Logo" avait eu pas mal de succès.
Elle développe dans son ouvrage altermondialiste, "La stratégie du choc", l'idée selon laquelle les puissances politiques à tendance ul'trop'-libérale se serviraient de profondes perturbations écologiques, sociologiques ou politiques, pour imposer des mesures économiques ou sociales qui n'auraient jamais été acceptées en période calme. L'être humain serait psychologiquement affaibli par ces catastrophes et régresserait ainsi au point d'accepter des dérives civiles, censées leur garantir la sécurité qu'ils n'ont pas eu lors de ce choc. Le Patriot Act en est un bon exemple (alors là, Edvige peut aller se rhabiller :-)).

Alors, sans chercher le complot à tous les coins de rue, et si l'on prend la précaution de ne pas spéculer sur les véritables intentions des auteurs de ces lois, il faut rester méfiant à l'égard d'actions gouvernementales qui ne prennent pas la peine de corriger des lois existantes défaillantes et se contentent d'en créer des nouvelles mais plus restrictives, pour flatter l'inconscient d'une tranche de l'opinion publique, avide de fard et de poudre aux yeux. 

Le site de Naomi Klein -> ici

Un site pour en savoir plus sur le décret -> ici

L'article de rue89 sur le sujet ->

Après cet essai "coup de gueule", le prochain post reprendra le mode "rigolo" ;-)

Merci à ma Zahra pour cette pose héroïque face à la brutalité du système :-)

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dimanche 24 août 2008

83 - La Rotonde !

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La modernité d'aujourd'hui est le conservatisme de demain, et l'art n'échappe pas à cette maxime.
C'est ainsi qu'au début du 19ème siècle, en pleine période 'néoclassique', les pontes de la peinture voyaient d'un mauvais œil tout essai de représentation fidèle de la réalité, et plus particulièrement de pieds, symbole sexuel sudoripare.
Il était donc fréquent d'affubler ces œuvres d'un genre nouveau, d'une histoire de comptoir rocambolesque, ou d'une aura mystérieuse, d'un subtil halo d'irrationnel (ndlr: l'astrologie fut et restera un métier d'avenir, à défaut de réellement prédire celui-ci), afin de séduire les esprits mauvais.

"La Rotonde" (ci-dessus), célèbre tableau parisien de style 'réaliste', fascine depuis 200 ans les amateurs d'art et autres huiles scolaires. On pourrait s'étendre sur l'air boisé de cette composition exempt de toute fioriture forçant les perspectives, la peau elle-même ne s'habillant que de quelques ombres consensuelles.

A l'instar du sourire de "La Joconde", on pourrait flâner des heures en scrutant l'universalité qui émane de la quiétude de ces pieds croisés sur une toile qui était odieusement surnommée à l'époque: Croûte plantaire.

Le plus fascinant réside en fait dans le pouvoir mystérieux de ce tableau. En effet, ses détenteurs successifs furent tour à tour frappés de scoumounes, guignes et autres tribulations de mauvaises fortunes, dès l'instant où ils prirent possession de cette nature presque vivante. La chance qui les avait enrichi et leur avait offert le luxe et le temps de s'attarder sur cette passion artistique, se retournait à présent contre eux. Tous leurs projets et entreprises échouaient, jusqu'à ce qu'ils fassent le rapprochement et se séparent de ce tableau.

Et bizarrement, alors que l'on aurait pu croire qu'il serait jeté misérablement dans quelque bûcher des vanités ou aurait conclu une vie de gâchis au fond d'un bazar byzantin, recouvert d'un glacis vénitien, le tableau s'accrochait à la lumière. On le revoyait surgir régulièrement et anonymement en têtes de gondole via des articles mentionnant de célèbres industriels, politiciens ou artistes au creux de la vague, le dernier en date étant Terry Gilliam, ancien Monty Python, donnant l'impression d'une addiction aux malédictions depuis quelques années.

Amateur de pieds de nez et de farniente, il avait voulu s'offrir cette toile, qui symbolisait ses deux passions. Et c'est là que débutèrent les ennuis. Après ses rudes déboires avec Bruce Willis sur le plateau de "l'Armée des 12 singes", les affres du tournage de "Lost in la Mancha", l'obligeant à tout stopper, c'est maintenant au tour de son dernier film:"The imaginarium of Doctor Parnassus" de subir cette malédiction de plein fouet ... la mort de son acteur principal, en plein milieu du tournage: Heath Ledger.

Tout ça pour dire au final que le dernier Batman est vraiment sympa ;-)
Elle est peinture la vie?

De vraies malédictions --> ICI

Merci à Ophélie pour sa photo (J'ai juste 1 an de retard dans la rédaction de son post :-p)

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vendredi 15 août 2008

82 - Nom commun, Prénom propre !

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"Il n'y a pas de hasard", si Bernard est maître dans son art.
Cela coule d'une source germanique qui désignait au IX ème siècle les hommes à la carrure massive, par le patronyme: Berin-hardt, signifiant « ours fort ».

Entre un Johnny Weissmuller de 1928 et un Alain Bernard de 2008, mis à part les 80 ans, on constate 11 secondes d'écart au 100m nage libre. Or, si une nouvelle forme d'entraînement, de virage, de pénétration au plongeon, une combinaison en peau de requin permettent de gagner parfois 1 ou 2 dixièmes de seconde sur un record du monde, qu'elle est la marge grignotée pour l'abandon d'une coupe de cheveux ondulés raie sur le côté ou d'un maillot marcel/bretelles?
Les techniques et concepts évoluant sans cesse, va-t-on voir émerger de nouveaux axes de réflexions, par exemple sur la dynamique des fluides corporels, comme la transpiration, liquide plus ou moins visqueux permettant éventuellement une meilleure forme de glisse?
Est-ce que la diffusion de musiques aquatiques adéquates pendant les courses améliorerait les performances et torpillerait les autres nageurs?
Est-ce qu'un pet placé judicieusement permettrait de grapiller quelques précieux millièmes?

Elle est pas squale la vie?

Merci à Martine "Dorale" pour sa 1ère participation réunionnaise. Comme quoi, dans l'hémisphère  sud, on croise les pieds dans le même sens qu'ici ;-)

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mardi 12 août 2008

81 - Ooooh, c'est-y pas Géorgie ?

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C'était l'été de la télé, et le temps de la politique de la tongue vide!
De retour sur le blog pour proposer de voir ou revoir la série très tendance et très tendue: "Géorgie".

Merci à Yannou pour le jeu de scène de ses cothurnes sur ces belles planches ;-)

C'est reparti !

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mardi 8 juillet 2008

80 - Bonjour, et bon appétit !

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Bon, alors, c'est Barack Obama qui, comme promis, rend visite à Mahmoud Ahmadinejad, sur la petite île de Kish, au milieu du Golfe Persique.

Les corps diplomatiques sont tendus comme des arcs à la perspective de cette rencontre historique, et proposent en concomitance aux deux représentants de se rencontrer autour d'un bon repas, car comme le dit Claude Berri: "L'on est plus affable à table!".

Mahmoud et Barack entrent donc dans la pièce du banquet, protocolairement synchronisés, accompagnés d'essaims de conseillés aux desseins conjugués, contournent la table ronde, l'un dans le sens des aiguilles d'une montre, l'autre dans l'autre, lorgnent fiévreusement la pièce du boucher, puis se toisent quelques secondes d'un regard perçant, s'arment  d'un sourire ravageur et sans bouffer leur mot, se serrent la pince et lancent:

- "Salam" - "Hi".

...

désolé :-)

Elle est paluche la vie?

Si vous avez l'occasion un jour d'aller sur l'île de Kish (Iran) dans le Golfe Persique, il faut aller goûter le poisson barbecue cuit au safran au restaurant: PAYAB.


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lundi 9 juin 2008

79 - Ode à Olga !

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Alors oui, nous vivons au rythme routinier des drames routiers, des tragédies hypnotiques de fléaux climatiques; bien sûr, une journée sans nouvelle d'Amy est comme une télé sans "Friends"... mais comme le disait si bien Balavoine: "Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu!"

Rantanplan et Rintintin, Milou et Scoobi-doo sont en deuil ... Olga, la chienne de Michel Drucker, s'en est allée faire un tour le 2 juin dernier, en nous abandonnant prosaïquement sur le bord de la route.

Désormais tenue en liesse par l'archange Gabriel, tu n'arpenteras plus les couloirs du studio, toi la gardienne des arcanes de l'audiovisuel.
Tu avais apporté ta griffe si particulière sur la façon de s'alanguir en chien de fusil sur le fameux divan de velours rouge ... ton "doggy style" fera date, ô, reine de la banquette.

Le forum de Télématin lui dédie un post mortem rempli d'émotion et de dignité, dont voici un extrait pour allécher le chaland: "Il restait une pomme sur mon pommier. Est-ce le vent, est-ce le ver devenu trop lourd ?"  -> par ici la sortie

Si vous frétillez de connaître toute l'actualité animalière des pipoles, si vous vous languissez d'infos croustillantes sur l'anaconda de Thierry Henry, ou le chien-loup de Johnny -->


origine de la photo -- Ici, les moulineaux


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lundi 19 mai 2008

78 - Le passeur !

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Tes yeux se perdent dans le vague.
D'où vient cette envie de flotter?
D'une fin de septembre aux Egades,
Aux grains que Dante aurait pu rêver?

D'une crique aux formes immuables,
Mais qui perd et se joue des marées;
L'attente peut être tolérable,
Mais si elle reste partagée.

Tes amours sont toujours aussi fortes,
Que les quarantièmes rugissants.
Mais il faudra un jour que tu portes
Tes gloires et défaites aux quatre vents.

Et tu vois s'approcher une barque.
Tes yeux s'accrochent à ses reflets.
Sa proue se cambre sous le charme
Des vagues qui ne savent que danser.

Un décor et tout ton cœur s'emballe;
Il ne faut sûrement rien ajouter.
Un élan te porte sur le sable;
Tes pensées sont prêtes à naviguer.

Tes amours sont toujours aussi fortes,
Que les quarantièmes rugissants.
Mais il faudra un jour que tu portes
Tes gloires et défaites aux quatre vents.

origine de la photo -> ici

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mercredi 7 mai 2008

77 - Retour vers le futur antérieur !

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Les Compagnons de la Croix Rousse et le 9ème Plan  ---> réservation ici

1er chapitre: Entrée en scène

Le parquet venait d'être ciré jusque dans les jointures, et la patine luisait sous les pas des nouvelles pointures de la scène théâtrale parisienne.
Ainsi, "Doc" Gauthier était aux anges, car il aimait glisser sur ses tirades aussi aisément que sur les planches, armé d'un débit bien huilé qui faisait un tabac, et chaussé de ses sempiternelles Doc Martens.
Il y avait de bonnes vibrations dans ce théâtre "L'Archipel" et une saine émulation était partagée avec ses partenaires, Laurence, Caroline, Ruthy et Jonathan. Monter une nouvelle pièce sur Paris était une aventure stimulante et chacun mettait de l'ardeur au labeur, les répétitions allant bon train, dans des vapeurs de sueurs positives.

Sur le côté de la scène, "Doc" observait le jeu en cours, en compagnie de Caroline et Ruthy. Jonathan venait juste de faire son entrée, à l'acte 3, et, s'approchant du terrible divan, vantait à Laurence, vautrée:

- "Je n'ose croire, ma dame, en l'expression de vos sentiments distingués! La force de vos assertions affectives me va droit au cœur, et pour aller droit au but, si vos ravages se rapportent à votre plumard, je me confond dans l'espoir d'atteindre votre cœur, après votre corps, pour que nos nuits sans sommeil éclairent mes journées sans soleil!"
- "Pfiouuu, mon seigneur, que de simaleu ... samil ........ slimal .... simalgrées! Allons plutôt dans ma bibliothèque verte, que je vous enf..."

STOOOOOP!!!

-"Bon sang, Laurence! "Simagrées"!!!! C'est pourtant pas compliqué à dire!! Et puis c'est "rose", pas "verte"! Ça aurait quoi, comme intérêt, qu'elle soit verte, la blibi ... blobi ....... blibli ... raaaah, BI-BLI-O-THEQUE!!??
Bon sang, je comprend pas! Ta diction et ta mémoire étaient parfaites jusqu'à aujourd'hui! Je te rappelle, mais c'est bon pour tous ici, que la première a lieu dans 1 semaine, et que c'est pas le moment de me faire des ablutions buccales."

Clémence venait de remettre les esprits et les syllabes à leur place, mais ce ne devait être que temporaire, car quelques répliques plus loin, les séismes onomatopéiques prirent de l'ampleur pour secouer les quatre autres artistes, et elle ne put faire autrement que de lever la séance pour la pause déjeuner.

L'ambiance était cependant primesautière, et ce n'étaient certainement pas quelques dysfonctionnements labiaux qui allaient mettre à mal le moral de la troupe! La pièce était chauffée de dialogues diaboliquement décorés de délires dissolus, peaufinés aux ptits oignons pour coller aux attentes du public parisien.
Clémence savait qu'elle était attendue au tournant, après le succès de "La philosophie dans le couloir", sa précédente pièce, jouée à guichet fermé. Du coup, ses comédiens étaient au taquet et les tickets tous vendus en pré vente.

La troupe se rendit au chinois d'en face sous une pluie soutenue, pour se remettre des tribulations des répétitions et mastiquer un bon riz gluant, et après avoir mené la matinée à la baguette, Clémence s'adoucit un peu à la vue des boulettes de viande, et finit par s'apaiser complètement devant les nougats au sésame et boules-coco. 
Rassasiée et regonflée, l'équipe était prête à en re-découdre avec les dernières retouches du script. La sortie des artistes se fit sous une pluie désormais battante, le temps virant à l'orage. Complètement trempés mais soudés par leur bonne humeur, ils zigzaguèrent entre les éclairs lézardant la rue, pour s'engouffrer dans leur théâtre. Sans perdre leur entrain, ils sautèrent sur scène et se repositionnèrent pour l'acte 4.

"Doc" prit une inspiration, un air sombre et tonitrua à l'attention de Ruthy:

-" Je ne suis pas content, Justine! Lorsque tu as donné mon rasoir à aiguiser au rémouleur, il était encore capable de trancher une pomme, et maintenant, je n'arrive même pas à couper une motte de beurre avec!! Qu'as-tu à répondre à cela, Justine?"

-" ... "

STOOOOOOP

-"Bon sang, qu'est-ce qui se passe encore? Ruthy!! Tu es censée répondre quelque chose là non? Tu as perdu ta voix ou quoi? On va pas s'en sortir si ça ....... ".

Clémence venait de voir l'homme qui semblait dormir dans le canapé et qui avait été la source de l'aphonie de Ruthy!
Interloqués, la troupe n'osait bouger, de peur de voir se réveiller l'inconnu, mais un silence pouvant être éloquent, l'individu se mit à remuer, grogner et maugréer quelques sons endormis.
Il se retourna, entrouvrit un œil  et se rendit alors compte de la présence des comédiens!

- "Mmmh, salut les gens! Ça s'passe?"

Après quelques secondes suspendues dans une atmosphère surréaliste, Clémence prit la parole:

-"Non mais, vous êtes qui? Qu'est-ce que vous faites sur ce canapé??"

-"Ben!? Chuis Nazim, le pote couchsurfer d'Agnès! J'viens juste d'arriver de Toulouse, là, chuis mort. Du coup, j'ai pas prévenu, mais j'ai préféré m'installer direct sur le canapé pour reprendre des forces! M'en voulez pas j'espère!? En tout cas, elle me l'avait bien dit, Agnès, qu'il était moelleux, mais alors, là, franchement, top, c'est le premier que je vois d'aussi nickel! Merci encore pour l'échange! Goûtez-moi ce petit canapé! Non, mais sérieux, goûtez le ... un régal! Aaaaaah, elle est canap la vie?"

fin du premier chapitre

 

Merci à Laurence De Greef, Ruthy Devauchel, Caroline Marti, Nazim Baba Moussa, Gautier Pougeoise, Jonathan Semo et aux souliers vernis d'Agnes pour leur participation ;-)
Leur pièce, "Célibat par intermittence", se joue depuis 2 ans, et fera une pause à partir de fin mai. Il est donc encore temps d'aller passer un bon moment de théâtre et d'humour dans une salle super conviviale ---> réservation ici


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samedi 3 mai 2008

76 - Hic Files !

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Une aventure de Dana Scoobi:

"... et le dernier film de Moody Allen, 'To look Jung', ouaah, le top!!
Bon, c'est un peu 5ème degré, mais en gros, ça raconte les dernières années du psy Carl Jung, vivant sereinement dans sa tour, au bord du lac supérieur de Zurich et écrivant les derniers chapitres de ses mémoires face au mouvement lourd et lent du lac. Donc, au début, on le voit en train d'écrire, les jours passent et sont apparemment identiques les uns aux autres. Et puis, après 10 minutes, un élément extérieur vient perturber sa retraite paisible. Je peux te décrire cet événement, parce qu'il en survient une bonne vingtaine par la suite, tout aussi surprenant.
Sur ces 10 premières minutes, on ne reconnaissait pas trop la patte de Allen avec ce rythme lent et intimiste, mais la cocasserie événementielle entre ensuite en scène pour ne plus quitter la pellicule, jusqu'à la fin.
Donc, je te raconte la scène ... imagine le vieil homme, qui a quand même posé avec Freud les bases de la psychanalyse, couchant paisiblement par écrit comme un testament ses convictions et conclusions les plus profondes sur le sujet, jusqu'à ce bel après-midi de septembre au cours duquel des cris, provenant du lac, le sortirent de sa concentration.
Il se lève de sa chaise et aperçoit trois jeunes filles complètement nues dans une barque, à peine à quelques dizaines de mètres seulement de son rivage. Dans une ambiance primesautière, elles plongent alternativement dans l'eau, perçant la croûte molle du lac. Alors, forcément, il se demande ce qu'elles sont venues faire si près de sa propriété ... et pourquoi gottferdom elles sont si nues et si jolies?
Bref, pour résumer, on se rend compte par la suite que ces trois filles symbolisent les Parques et donc la destinée de Jung, qui sera confronté ensuite tout au long du film à la représentation physique de ses théories psychanalytiques.
Bien sûr, Jung est joué par Allen himself, génial comme dab dans un rôle torturé, et on pourrait presque dire que ce film ferait un bon dernier film de carrière, la concluant ainsi par cet apogée de l'obsession existentielle.
Non, franchement, à première vue, ce film là n'est pas facile d'accès, même si les effets comiques parleront à tout le monde, mais si on connait un peu l'oeuvre de Allen, il est tout simplement extraordinaire et logique à ce stade de sa filmographie
et donc ensuite ... "

Dana savourait le résumé de Nico d'une oreille attentive, tout en touillant mécaniquement son lait cacao coco Havelaar, sortant régulièrement la touillette pour en lécher le sucre, précieusement raclé et récolté au fond du gobelet. En cette morne et torve matinée de printemps, un câlin gustatif autour du distributeur de boissons était le bienvenu.
A son arrivée au bureau, un rapide coup d'oeil sur le planning de la journée lui avait en effet pompé net tout le capital bonne humeur, accumulé tout au long du trajet en écoutant Rires&Suçons, nouvelle fréquence radio pour adeptes de jeux d'O et d'esprits!
A l'instar de sa consœur Rires&Chansons, cette bande FM alternait sketches humoristiques et extraits audios de films et séries érotiques. Bien entendu, morale étant mère de sureté et de chasteté, une sécurité était présente au début de chaque émission, par le biais d'un message efficace:
"Si vous êtes âgé de plus de 18 ans, vous pouvez écouter, sinon, vous devez écourter!"

Dana essayait donc, par une pose atone, de faire durer cette pause "Page culturelle Cahiers du Cinéma" distillée - Elle est pas belle la vie?(Essai d'écriture subliminale) - par Nico à la mini assemblée de bourreaux de bureau, afin de se regonfler d'énergie positive.

Quand soudain !!!!!!

Pierrot s'éberlua:"Tiens, c'est troublant, j'ai cliqué sur "Café Espresso (Paysans exploités)", et j'ai eu un "Thé Citron", chuis vert!"

Pierrot étant l'un de ces habitués des podiums, régulièrement vainqueur des populaires tournois "Redresseurs de tordus", compétitions qui consistent à rendre parfaitement horizontal un tableau accroché au mur uniquement à l'aide d'un œil affuté, Dana supputa logiquement que le problème ne venait pas d'une banale erreur de touche, ou de bouche, mais bien du distributeur himself.

La curiosité aux aguets, elle s'approcha de la machine, introduisit fébrilement une pièce dans la pénombre inquiétante de l'orifice sans fond, d'où l'écho himself ne revenait pas, et choisit le même breuvage que Pierrot. Les secondes s'égrenèrent au rythme du café en grains dissout dans l'eau chaude ... sauf que ... cette fois encore, il s'agissait d'un thé citron fumant! Dammit!

A l'idée de ne pouvoir humer l'arôme moka non moulu, l'humeur des collègues redevint terre à terre, et, sur fond de mystère et de misère culturelle, la journée se traîna telle un décathlonien en manque de tonus le dernier jour d'une compétition sportive.

Le lendemain matin, Dana sirotait à nouveau son coco cacao, mais l'ambiance était nettement moins participative. Un an de présidence sarkozy et une journée sans café avaient eu raison, malgré l'oraison de la veille, de toute l'énergie d'une équipe.

Puis vînt le messie: Le préposé au ravitaillement du distributeur!

Nerveux comme lors d'un premier rendez-vous, le coeur des amoureux du café battait la chamade, n'osant parler et risquer de briser le charme d'un homme censé les délivrer du manque croissant de caféine.
Blafard, boule à zéro, en blouse beige, avec un écusson nominatif mal collé qui s'écornait, il remarquait à peine l'attente fiévreuse qui surchauffait la pièce, et répétait mécaniquement des gestes usés quotidiens.
Mais alors que la bête était éventrée, Dana remarqua que la colonne de distribution de café, indiquée par un autocollant, était bien remplie de grains torréfiés! Très intriguée, elle se rapprocha pour examiner le mécanisme. Humm, à priori, aucun problème d'échange de thé à la place du café! Le souci devait donc venir d'ailleurs!

-"Veuillez m'excuser, monsieur le préposé, mais y aurait-il un moyen de voir plus en détail tout le circuit de distribution siouplé? Depuis hier, lorsque nous commandons du café, nous obtenons du thé!"
Maugréant quelques onomatopées inaudibles, le préposé se mit à ouvrir toutes les trappes de la machine.
Mais aucun dysfonctionnement n'était apparent. Le mystère s'épaississait.

Dana semblait désemparée face à la bête souffrant d'une maladie inconnue. Mais à l'instar d'un Dr House, piégé dans ses retranchements et cherchant une lumière, un fil conducteur, la solution explosa aux yeux de Dana lorsqu'elle vit Pierrot s'essayant à recoller les coins de l'écusson du préposé!

Mais bien sûr!! Un autocollant!! Arf, la solution était évidente, sous ses yeux depuis le début! Elle se retourna prestement et s'approcha au plus près des autocollants qui permettaient d'identifier les colonnes de distribution. Ils avaient l'air anormalement neufs. Elle tenta d'en décoller un, en s'acharnant bec et ongles, mais ces derniers étaient trop courts, dûs à sa passion du piano. Pierrot vînt à son secours et tout en minutie, décolla lentement l'autocollant du café, découvrant ainsi un second autocollant, mais avec une photo de Thé cette fois-ci ... et une inscription surprenante en police "Comic Sans MS", taille 4, juste en dessous:

"Les Thé Roristes ont frappé!"

Dana interrogea le préposé qui visiblement ne comprenait rien à l'affaire, et refermait déjà le panneau après avoir interverti le contenu des colonnes de thé et café.
La vérité devait être ailleurs et elle se jurait bien d'en découvrir le fin mot!
Mais en attendant, comme un bon Astérix & Obélix qui se termine toujours par un banquet, la joie du café retrouvé prit le dessus et cet épisode se termina sur ce tableau de liesse populaire, Pierrot ayant contribué à le remettre d'aplomb.

Dana venait de résoudre une partie de l'énigme, mais il lui restait maintenant à découvrir qui était derrière cette machination de la machine à café! Qui étaient ces "Thé Roristes"? Son équipe était passée à deux doigts du suicide collectif et il s'agissait de dénicher les coupables, afin d'éviter tout drame futur.

To be continued ...

Merci ptite soeur pour ta première participation, tu m'as donné du fil à retordre ;-) bee zzz


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